Dans un changement-radical de politique mémorielle‚ la Russie met en place une stratégie de “déréhabilitation“ Le Musée de lʼhistoire du Goulag à Moscou a fermé ses portes fin-2023 et la pierre commémorative des victimes du régime totalitaire va être déplacée loin de la place Loubianka (ancien QG du KGB)
Le bureau des procureurs russes a examiné environ 14000 dossiers de réhabilitation depuis mi-2022‚ en annulant plus de 4000 cas. Cette campagne vise officiellement les “collaborateurs nazis et traitres“ malgré que la loi de 91 excluait déjà ces personnes; ce qui soulève des questions sur les vraies motivations
La déréhabilitation sʼinscrit dans lʼidéologie qui tente de minimiser la responsabilité de lʼÉtat dans la terreur politique
Les conséquences sont multiples : lʼaccès aux archives devient restreint les dossiers dʼenquête sont bloqués et le travail de mémoire est compromis. LʼONG Memorial (Prix Nobel de la Paix) - dissoute en hiver 21 craint que les “déréhabilités“ soient principalement des résistants anti-soviétiques de lʼouest de lʼUkraine et des pays baltes
Cette révision historique sʼaligne sur le discours officiel actuel: comme à lʼépoque de Staline la lutte contre le “nazisme“ justifie les actions de lʼÉtat. Un buste de Staline a dʼailleurs été inauguré à Volgograd début 23 illustrant cette tendance à glorifier le passé soviétique